Lobbying quand tu nous tiens !

Lancé en octobre dernier par le Secrétaire d’État à la transition écologique et solidaire, Sébastien LECORNU, le groupe de travail méthanisation a rendu ses conclusions le 26 mars préconisant 14 actions pour accompagner la filière, dont deux sur la mobilité gaz.

Alors que la loi de transition énergétique a fixé à 10 % la part de gaz dans les énergies renouvelables dans la consommation française d’ici 2030, l’objectif fixé était de pouvoir accélérer les projets, professionnaliser et aider la filière agricole par des mesures de simplifications administratives.

Au regard du relèvement du seuil applicable à l’ICPE de 100 tonnes/jour contre 60 tonnes/jour à l’heure actuelle, avec notamment la suppression de l’enquête publique, nous sommes en droit de nous interroger sur le lobbying des industriels face à ces résultats du groupe de travail.

En effet, depuis bien longtemps, et notamment face aux réticences croissantes des populations avoisinantes contre l’installation d’unité de méthane, les professionnels du secteur revendiquaient une simplification des procédures administratives, une fiscalité et des moyens financiers modernisés.

Même si ces mesures ne sont pas encore promulguées, la conséquence directe pour le projet de la zone Euratlantic serait un simple enregistrement du dossier à la préfecture...

Plus grave, cette réglementation entrainerait la sortie du statut de déchets des digestats avec la généralisation de la méthanisation des boues de stations d’épuration !

Donc un projet Fléac / St Yrieix  en totale cohérence avec la nouvelle législation.

C’est pourquoi il est important de rester mobiliser face à cette hérésie environnementale ! Car les questions de fond restent sans réponses : avis de la population, risques sanitaires, bilan carbone par rapport à l'éloignement des gisements...

Incident majeur en France

Alvignac : 400 m3 de digestat éculé dans les sols. Le Journal « La Vie Quercynoise » relate le premier incident majeur en matière de méthanisation. Alors que les mises en garde face aux pollutions de l’eau potable se sont multipliées face à l’unité située sur la commune d’Alvignac, lieu dit Gramat, il a été constaté le 7 avril dernier que suite à la rupture du connecteur de la poche du digestat, 400 m3 de liquide se sont répandus sur les terrains avoisinants. La DREAL a été saisie du dossier.

Chambre d'agriculture

Le 28 mars dernier, à l’initiative de l’industriel ENGIE, étaient conviés à une réunion d’information à la Chambre d’agriculture les éventuels participants au projet. Objectif : démontrer aux agriculteurs que l’unité serait économiquement viable. Mais cela était sans compter sur la vigilance de votre collectif, dont les membres étaient également présents pour rappeler la désapprobation des riverains des communes à ce projet. Force est de constater que les agriculteurs ne se sont pas bousculés au portillon.

Chaise vide ...

Dans le dernier article paru dans la Charente Libre en date du 17 mars, Monsieur DAURE s’émeut de voir une chaise vide aux COPIL où il nous invite à participer. Or, celui-ci semble oublier que nous avons assisté tous les COPIL jusqu’à maintenant. Nous y avons fait des propositions concrètes afin de délocaliser le projet, afin de protéger les populations. Car oui, c’est bien le lieu d’implantation qui pose souci : proximité des habitations, zone urbanisée en développement… et non le choix de faire de la transition énergétique une priorité pour les années à venir. Face à nos propositions, nous avons reçu une fin de non-recevoir. Alors, doit-on participer à ce simulacre de démocratie ? Non.

Polluer en éliminant des déchets

Monsieur Gilles BERANRD, membre titulaire de l’Académie de l’Angoumois, s’interroge au travers de son manifeste sur les conséquences de l’installation de l’unité de méthanisation en zone urbanisée. Réflexion de fond qui interpelle sur un projet présenté comme écologique alors que celui-ci aura des nuisances importantes.