La méthanisation en question

Portée par l'Etat, la méthanisation se heurte à de nombreuses frondes locales : élus (pas en Charente) et riverains craignent des nuisances et de potentielles dérives de la filière.

Puanteur, ballet de camion, risque de fuite et de pollution, quel que soit l'endroit retenu pour son installation (NDLR : une unité de biométhane), comme à Gouy-sous-Bellonne (Pas de Calais), à Somain (Nord), à Gramat (Lot), Combrée (Maine et Loire), ou encore L'Huisserie (Mayenne) les griefs sont les mêmes.

De toutes tailles, ces structures sont gérées par des industriels, des collectivités ou installées à la ferme par un plusieurs exploitants. Soutenues par des subventions et des tarifs spéciaux d'achat d'énergie, la filière a accélérée ses installations. Fin 2018, 685 unités de méthanisation étaient recensées par GRTgaz contre une centaine il y a dix ans.

Toutes les instances (préfectures, collectivités, …) vous le dirons : pour chaque unité, tout est mis en oeuvre pour garantir la sécurité. Cahier des charges, reglementation (simplifiée en dessous de 100 T), et techniques employées permettent de maitriser les risques.

Cependant, selon Daniel Chateignier, professeur de physique à l'université de Caen "la méthnanisation doit être intégrée au mix énergétique, mais de manière raisonnées et encadrée".

En effet, de récentes analyses du digestat menées par le CSNM dans le Lot "ont révélées la présence de métaux lourds comme le cadmium, cancérogène".

Il faut poser des limites ! Construire 10 000 méthaniseurs comme en Allemagne ne permettrait pas un contrôle suffisant et encouragerai les digesteurs à rentrer en concurrence, dans un contexte de surface agricole limitée, avec un risque d'accaparement des terres.

Le gouvernent au travers du PPE souhaite porter aujourd'hui à 7 % la part du biogaz dans la consommation d'ici 2030 : "tenable à condition de travailler avec des petites structures agricoles qui produisent du local pour du local", selon le professeur de physique.

Sources : Sciences et Avenir.