February 2019

La méthanisation en question

Portée par l'Etat, la méthanisation se heurte à de nombreuses frondes locales : élus (pas en Charente) et riverains craignent des nuisances et de potentielles dérives de la filière.

Puanteur, ballet de camion, risque de fuite et de pollution, quel que soit l'endroit retenu pour son installation (NDLR : une unité de biométhane), comme à Gouy-sous-Bellonne (Pas de Calais), à Somain (Nord), à Gramat (Lot), Combrée (Maine et Loire), ou encore L'Huisserie (Mayenne) les griefs sont les mêmes.

De toutes tailles, ces structures sont gérées par des industriels, des collectivités ou installées à la ferme par un plusieurs exploitants. Soutenues par des subventions et des tarifs spéciaux d'achat d'énergie, la filière a accélérée ses installations. Fin 2018, 685 unités de méthanisation étaient recensées par GRTgaz contre une centaine il y a dix ans.

Toutes les instances (préfectures, collectivités, …) vous le dirons : pour chaque unité, tout est mis en oeuvre pour garantir la sécurité. Cahier des charges, reglementation (simplifiée en dessous de 100 T), et techniques employées permettent de maitriser les risques.

Cependant, selon Daniel Chateignier, professeur de physique à l'université de Caen "la méthnanisation doit être intégrée au mix énergétique, mais de manière raisonnées et encadrée".

En effet, de récentes analyses du digestat menées par le CSNM dans le Lot "ont révélées la présence de métaux lourds comme le cadmium, cancérogène".

Il faut poser des limites ! Construire 10 000 méthaniseurs comme en Allemagne ne permettrait pas un contrôle suffisant et encouragerai les digesteurs à rentrer en concurrence, dans un contexte de surface agricole limitée, avec un risque d'accaparement des terres.

Le gouvernent au travers du PPE souhaite porter aujourd'hui à 7 % la part du biogaz dans la consommation d'ici 2030 : "tenable à condition de travailler avec des petites structures agricoles qui produisent du local pour du local", selon le professeur de physique.

Sources : Sciences et Avenir.

"Make Our PPE Great Again"*

*Rendre sa grandeur à notre Programmation pluriannuelle de l'énergie.

Monsieur le Président,

Nous, acteurs engagés(1) dans la transition énergétique et climatique, croyons au développement du biométhane en France, en complément des actions de sobriété et d'efficacité énergétique …

… Nous ne pouvons pas nous passer d'une filière qui crée des revenus pour les agriculteurs, des emplois non délocalisables et contribue efficacement à la préservation des ressources et à la lutte contre le changement climatique.

Alors que l'ambition de la France est d'être pionnière dans le combat pour le climat, faisons de la Programmation pluriannuelle de l'énergie un accélérateur au développement d'un modèle français durable de production de gaz renouvelable …

… Monsieur le Président, vous qui avez toujours soutenu la méthanisation, donnez aux acteurs des territoires les moyens d'accompagner l'émergence de cette énergie propre …

(1) GRDF, GRTGaz, FNSEA, CAPEB, Région Grand-Est, Région Ile de France, Région Nouvelle Aquitaine, WWF, TERAGA, ….

Le lobbying se poursuit ...

La filière du biogaz se mobilise : face au projet de programmation pluriannuelle énergétique qui prévoit la baisse des objectifs fixés de 7 % au lieu de 10 % en termes de biométhane à l'horizon 2030, les différents acteurs du secteur accentuent leur pression pour faire modifier le PPE. Dans cette optique, une consultation de diverses instances et divers comités a été lancée.

"Nous avons écrit à François de Rugy, le ministre de l'Ecologie, du Développement Durable et de l'Energie. Nous attendons encore la réponse. Nous avons également interpellé le Président de la République avec une tribune signée par 42 acteurs concernés, public ou non … Il y a une mobilisation forte en la matière." précise Cristophe BUISSET, président de la chambre d'agriculture des Hauts-de-France.

Selon une étude de l'ADEME, la filière BIOGAZ devrait générer 11 000 emplois à terme sur ce territoire notamment.

Sources : La Voix Du Nord.